Les soliloques du pauvre

de Jehan-Rictus

Depuis sa première apparition publique, en 1896, au cabaret des Quat-z-arts, on n’a jamais oublié Jehan-Rictus. Toute sa vie, il est édité et apprécié. Dès la guerre de 14, les soldats des tranchées popularisent ce mot qu’ils ont aimé dans ses poèmes : le poilu, et qui signifie simplement l’homme du peuple (Malheur aux riches : Heureux les poilus sans pognon).
À sa mort, en 1933, une monographie célèbre ses écrits et établit sa légende. En 1960, Seghers lui consacre une anthologie, rééditée en 73. Pas un témoignage sur Montmartre du début du siècle qui ne l’évoque. Régulièrement, de Marie Dubas à Jean-Claude Dreyfus, des artistes le déclament sur scène.